Pour une démocratie directe

Épisode 6 : La sanction électorale

Le rapport de force

Alors OK, l’électorat n’a aucun contrôle sur ses élu·e·s, mais c’est pas pour autant que la population essaye pas d’influer sur le vote des lois et les décisions prises par ses représentant·e·s, au contraire.

Les pétitions

On a par exemple de nombreuses tentatives d’« interpeller » comme on dit les « décideurs·euses » politiques par des pétitions, ou des courriers envoyés aux élu·e·s, pour leur demander de voter dans un sens ou un autre sur un sujet donné.

Le problème de ça, c’est que généralement ça ne marche pas, pour plein de raisons, mais notamment parce que ce n’est pas contraignant légalement. En gros, on ne peut pas forcer les élu·e·s à voter dans un sens ou un autre, on fait juste appel à leur bonne volonté. Sauf que les intérêts de ces élu·e·s vont dans le sens contraire de ce qu’on leur demande, comme on l’a vu, et faire appel à la bonne volonté de gens qui ont des intérêts opposés aux vôtres, globalement, ça ne marche pas.

C’est un peu comme si on faisait (par exemple) une pétition pour demander à Pierre Gattaz (ou à n’importe quel autre grand·e patron·ne), de réduire son propre revenu et ses dividendes pour payer mieux ses employé·e·s : vous aurez beau utiliser les meilleurs arguments du monde, et démontrer par A+B que c’est mieux pour la société dans son ensemble, plus juste, qu’iel aura jamais besoin de tout cet argent, alors que beaucoup de ses employé·e·s sont précaires et en ont besoin, elleux, etc. et pourtant vous avez aucune chance de la·le convaincre quand même, quelle que soit la qualité de vos arguments. Ben les élu·e·s c’est pareil, entre faire plaisir ponctuellement à quelques milliers de pétitionnaires qui leur proposent environ rien en échange, ou rendre service au patronat qui leur propose des milliers d’euros de pots-de-vin et autres avantages, et dont dépend largement leur carrière et leur avenir, iels vont choisir la deuxième possibilité hein, iels sont pas bêtes.

Même chose si vous leur envoyez un courrier personnalisé en essayant de faire appel à leur intérêt, genre en menaçant de pas revoter pour eux aux prochaines élections si jamais iels votent telle loi, ou s’iels votent pas telle autre, c’est pas vraiment plus efficace, parce qu’en fait vous avez aucune prise sur elleux, et iels le savent. En fait, si vous faites ça, ça revient juste à les menacer de sanction électorale, sauf qu’on a vu que cette « sanction » était inefficace et pas dissuasive, et donc ça sert pas à grand chose comme menace.

Et même chose aussi si vous faites des gentils rassemblements « apolitiques » pour demander tel ou tel truc, sans autre action prévue que de se rassembler : ça revient en fait à dire qu’on est nombreuses·eux à vouloir un truc, et donc supposément légitimes, tout ça, et donc ça revient (encore une fois) à faire appel à leur bonne volonté. Or, même si vous êtes beaucoup et que vous faites vos rassemblements régulièrement, c’est pas vraiment différent d’une pétition s’il n’y a pas d’action concrète derrière, parce que les élu·e·s, que vous passiez des heures de votre temps à vous rassembler quelque part ou à faire autre chose, iels s’en foutent tant que ça nuit pas à leurs intérêts, et les rassemblements ça les gêne pas le moins du monde.

Donc tout ça, les pétitions, les courriers aux élu·e·s, et les gentils rassemblements, ça sert globalement à rien, ou à pas grand chose, pour influer sur le vote des lois et sur les décisions prises, parce que faire appel à la bonne volonté de gens qui ont des intérêts opposés aux nôtres, globalement, ça ne peut pas marcher.

Le rapport de force avec le pouvoir élu

Maintenant, il reste quand même un moyen d’influer sur ce que font les élu·e·s et qui, lui, fonctionne, mais qui est pas du tout prévu par les institutions par contre (au contraire même) : c’est le rapport de force et l’affrontement avec le pouvoir politique élu. Ce rapport de force peut se faire de plusieurs façons, que ce soit par de la désobéissance aux lois, par des grèves, ou encore par des émeutes et des révoltes, ou un peu de tout ça à la fois.

Même si les élu·e·s ne sont pas (et ne seront jamais) du côté de la majorité de la population, vu qu’iels ont des intérêts opposés, eh bien on peut quand même les forcer à faire une politique qui bénéficie (un peu) au plus grand nombre de cette façon, en s’attaquant à leurs intérêts.

En fait, la plupart des droits qu’on a et des acquis sociaux qu’on a aujourd’hui, ils viennent directement ou indirectement de luttes par le passé. Contrairement à ce qu’on essaye souvent de nous faire croire, ce n’est pas l’État et telle ou telle majorité politique sympa et « éclairée » qui auraient généreusement accordé des droits à la population qui attendait passivement, hein. C’est plutôt très souvent la population qui s’est battue pour arracher ces droits à l’État, et qui l’a forcé à céder des droits par le rapport de force (y compris parfois par la violence), même si des élu·e·s s’en sont souvent attribué le mérite après.

C’est notamment des mouvements sociaux et des grèves qui ont permis par le passé d’obtenir la plupart des acquis sociaux qu’on a aujourd’hui, que ce soit les congés payés, les limitations de la durée quotidienne et hebdomadaire du travail, l’interdiction du travail des enfants, le repos dominical, un droit du travail protecteur, les augmentations des salaires, etc. Tous ces droits et ces acquis, ils ont pas été accordés gentiment hein, d’un commun accord entre le patronat et les salarié·e·s, au contraire : c’est des grèves qui ont forcé le patronat et l’État à les céder.

C’est aussi grâce à des luttes (au sens large) qu’ont été obtenues la plupart des avancées démocratiques et des libertés publiques qui nous semblent acquises aujourd’hui :

Et ça c’est que quelques exemples, mais il y aurait plein d’autres droits qui ont été arrachés à l’État par des luttes et du rapport de force au sens large.

Bien sûr, l’État va souvent tenter de réprimer ces luttes comme il peut, mais c’est pas toujours possible, et parfois il est forcé de céder.

Tout ça, ça marche, ça permet d’obtenir des trucs, parce qu’on fait pas appel à la bonne volonté des élu·e·s (ce qui sert à rien), mais parce que ces actions s’attaquent à leurs intérêts, de manière plus ou moins directe.

Les grèves par exemple s’attaquent aux profits du patronat, avec l’idée de faire perdre de l’argent au patronat tant qu’on obtient pas satisfaction. Et comme les élu·e·s sont dépendant·e·s du patronat, et que globalement l’État est au service du patronat, c’est comme ça qu’on fait pression sur elleux, en faisant pression sur leurs donneurs·euses d’ordres.

Pareil pour les révoltes : elles s’attaquent à l’État, à ses institutions et à ses structures (en l’occurrence, les flics). Du coup, ça représente en fait une menace concrète et directe pour les élu·e·s, parce que même si iels s’en foutent évidemment du bien-être des flics ou de leur sécurité, c’est surtout le fait que les structures de l’État soit défiées et menacées qui va gêner les élu·e·s, vu que ça implique concrètement une perte d’autorité et de pouvoir pour l’État et pour elleux-mêmes. Ça peut même impliquer des menaces physiques tout à fait concrètes pour la propre sécurité des élu·e·s, puisque s’il y a des révoltes, les élu·e·s peuvent être pris directement pour cibles (ce qui est logique hein, vu que c’est elleux qui prennent les décisions et qui sont responsables de ce qui va pas…).

Et ça peut même aller plus loin, puisque si les grèves et révoltes se poursuivent et s’intensifient, il y a un risque potentiel que ça coagule avec d’autres révoltes et grèves ici ou là, et ça peut aboutir dans le cas extrême à des révolutions, c’est à dire concrètement à ce que les structures de l’État soient balayées, et à ce que les têtes des élu·e·s se retrouvent au bout d’une pique, ce qu’iels souhaitent généralement pas trop.

Sans aller jusqu’à ce cas, qui est quand même assez rare, les grèves et les révoltes remettent de toute façon toujours en cause le pouvoir de l’État, et sont des défis à son autorité, puisqu’elles montrent que l’État n’est pas tout puissant, et ne peut pas imposer tout ce qu’il veut à la population, mais qu’au contraire il peut très bien être combattu et mis en échec quand les gens s’organisent. Même chose pour la désobéissance à la loi : elle affaiblit l’État parce qu’elle montre qu’il peut pas tout imposer à tout le monde. Du coup, plus il y a de désobéissance et de révoltes, et moins l’autorité de l’État est forte. Donc les élu·e·s vont préférer céder quelques droits de temps en temps pour mettre fin aux troubles que l’État peut pas réprimer, plutôt que de voir l’autorité de l’État attaquée durablement.

Bref, je vais pas développer plus ces questions ici (je reparlerai plus tard des grèves, du rapport de force, et de la question de l’utilisation ou non de la violence en politique), mais en gros, ce qu’il faut retenir, c’est qu’à chaque fois que l’État a accordé des droits, c’est parce qu’il y était contraint et forcé, sinon il le fait pas. Il le fait pas, parce que les élu·e·s (qui sont celleux qui décident) ont des intérêts qui sont opposé·e·s aux nôtres, et qu’ils ont intérêt à tout faire pour préserver les rapports de domination existants de la société, comme le racisme ou le patriarcat, et évidemment iels ont intérêt à protéger les profits des capitalistes.

Les politiques menées sont le résultat du rapport de force, non des convictions des élu·e·s

Et donc il y a une lutte permanente entre, d’un côté, l’État et les capitalistes, et de l’autre, notre camp social, c’est à dire les exploité·e·s et les minorités. Et c’est cette lutte, et le rapport de force entre ces deux camps, qui déterminent l’orientation politique générale, et pas tant les personnes au pouvoir ou leurs supposées convictions, parce que les élu·e·s n’ont en réalité pas de convictions, comme on le verra dans l’épisode prochain sur la démagogie : iels tiennent juste le discours qui a le plus de chances de les porter et de les maintenir au pouvoir.

Par exemple, c’est sous un gouvernement et une majorité de droite que l’avortement a été légalisé, donc avec beaucoup de voix de la droite (pourtant un camp politique qui avait théoriquement le moins de chances de le faire, si on se basait uniquement sur leurs convictions affichées). Pourquoi ? Parce qu’iels n’ont pas eu le choix mais qu’iels ont été forcé·e·s de le faire.

Autre exemple : les pays scandinaves (Danemark, Finlande, Islande, Norvège et Suède). Ces pays sont souvent cités comme des modèles, à la fois d’un point de vue démocratique (respectent globalement pas trop mal les droits humains et les libertés fondamentales, plus grande liberté de la presse, la corruption est moins importante qu’ailleurs…) mais aussi d’un point de vue social (bon niveau de vie global, moins de pauvreté, un droit du travail protecteur, meilleurs services publics avec plus de budget, inégalités relativement plus faibles qu’ailleurs…). Et même si les choses ont un peu empiré ces derniers temps (avec notamment une montée de l’extrême-droite…), la situation dans ces pays est longtemps restée bien moins pire que chez nous, et le reste globalement encore. Attention, j’ai pas dit que c’étaient des paradis sur terre et qu’il y aurait aucune critique à leur faire, hein, loin de là, c’est pas le modèle que je souhaite (vu que je suis pour une démocratie directe), mais on va dire simplement que si on les compare à la France ou à beaucoup d’autres pays dans le monde qui piétinent les droits humains en permanence, attaquent les services publics et détricotent les acquis sociaux dès qu’ils peuvent, où les inégalités et la pauvreté sont très élevées, etc. c’est quand même nettement moins pire dans les pays scandinaves.

Bref, on nous dit souvent que si c’est « moins pire » justement, ce serait à cause d’une mentalité différente, que les élu·e·s y seraient magiquement plus honnêtes et désintéressé·e·s qu’ailleurs (on sait pas trop pourquoi mais iels le seraient…), ou ce serait à cause de petites différences dans le modèle électoral (par exemple parce que le mode de scrutin serait différent, à la proportionnelle, ou autre), voire carrément ce serait parce que ces pays fonctionneraient (supposément…) sur un modèle économique libéral, etc. Mais je pense que la plupart de ces explications sont, soit complètement fausses et à côté de la plaque, soit au minimum insuffisantes, et qu’ici encore, c’est plutôt le rapport de force qui joue.

Pourquoi ? Parce qu’il se trouve que ces pays sont ceux qui ont des taux de syndicalisation parmi les plus élevés du monde : en gros dans les cinq pays que j’ai cités il y a entre 55 % et 80 % de syndiqué·e·s, donc c’est énorme, en particulier quand on compare ça aux 8 % de syndiqué·e·s qu’on a en France, ou 11 % aux États-Unis par exemple. Cette différence s’explique par plusieurs raisons, que je vais pas détailler ici par manque de temps, mais il y a entre autres le fait que, dans ces pays, les chômeurs·euses restent membres des syndicats pendant leur période de chômage, vu que ce sont les syndicats qui sont responsables du versement des prestations sociales (sauf en Norvège, mais ça empêche pas le taux de syndicalisme de rester quand même très élevé même en Norvège, à 55 %).

Du coup, là-bas les syndicats sont très impliqués dans la vie sociale et ont beaucoup d’influence, et en fait ces pays ont des syndicats très puissants et combatifs, qui hésitent pas à faire pression de plein de manières, et à faire grève et bloquer l’économie quand l’État et le patronat attaquent trop les droits des travailleurs·euses. Et donc dans ces pays le rapport de force penche beaucoup plus en faveur du camp des travailleurs·euses que du patronat, et le risque de grosses grèves y est bien plus élevé, et c’est surtout ça qui fait que l’État et le patronat hésitent beaucoup plus avant d’attaquer les droits de la masse de la population, tout simplement parce qu’ils ont pas envie de se prendre des grosses baffes dans la gueule en retour, voyez.

Donc ici encore, ce n’est pas le gouvernement qui serait magiquement plus honnête et désintéressé qu’ailleurs, mais plutôt le rapport de force qui est beaucoup plus en faveur du camp des exploité·e·s qu’ailleurs.

Enfin dernier exemple, pour revenir en France : entre 2012 et 2017, François Hollande est allé plus loin à droite que Nicolas Sarkozy avant lui, et depuis 2017, Emmanuel Macron est lui-même allé encore plus loin à droite que François Hollande… Eh bien c’est pas parce que, en tant que personne, Hollande aurait des convictions plus à droite que Sarkozy, et que Macron aurait des convictions encore plus à droite que les deux autres, hein. Non, c’est simplement parce que toute majorité et tout gouvernement essaye de tirer le curseur le plus à droite qu’il peut (c’est à dire le plus possible dans le sens que souhaite le patronat), sauf que « le plus à droite qu’il peut », ça dépend en fait du rapport de force dans la rue et de la force des grèves.

Chaque gouvernement tire le curseur le plus possible dans le sens du patronat, mais c’est un « curseur » qui ne peut être déplacé que lentement et progressivement : si un gouvernement tente d’aller trop vite, il risque plus de révoltes et de grèves, et ça peut être contre-productif (par exemple, Alain Juppé qui avait été obligé de reculer sur les retraites et la sécurité sociale en 1995, ou Dominique de Villepin sur le CPE en 2006). Du coup, tous les gouvernements tirent ce curseur juste un peu plus à droite que là où le précédent gouvernement l’avait laissé, autant qu’ils peuvent bien sûr, mais iels essayent de pas aller « trop vite » pour que l’opposition dans la rue reste raisonnable et pas trop forte.

Eh bien si les Sarkozy, Hollande, Macron et compagnie peuvent le faire, c’est parce que le rapport de force leur est favorable : depuis des années notre camp social échoue globalement dans les mobilisations sociales, pour un certain nombre de raisons que j’essaierai de développer dans un autre podcast. Alors on n’échoue pas totalement hein, et il y a des exceptions (notamment des grèves qui réussissent au niveau local, et qui ont obtenu des victoires dans certaines entreprises), mais globalement on échoue quand même, en particulier à grande échelle et au niveau national.

Les grèves sous Sarkozy ont pas été victorieuses pour notre camp, et c’est ce qui a permis à Sarkozy d’aller très à droite. Même chose sous Hollande : il y a quasiment pas eu de mobilisations sociales ni de grève avant 2016 et la loi travail, et même cette mobilisation n’a pas réussi à les faire plier. Et pareil pour Macron, s’il se permet d’aller aussi loin et aussi vite aujourd’hui, c’est parce que le mouvement social en face ne réussit pas (et aussi parce qu’il se croit invincible pour diverses raisons, mais c’est un autre sujet…).

Mais si à la place de Macron ça avait été Hollande qui avait été réélu pour un deuxième quinquennat, ou un retour de Sarkozy, ou Fillon à la place, ou Juppé, ou même Mélenchon, ou encore Le Pen, ou qui vous voulez, iels auraient tou·te·s essayé aussi de tirer le curseur le plus à droite possible, et le plus possible dans le sens du patronat.

Notez que ça veut pas dire que tous ces gens-là que j’ai cités auraient fait exactement la même politique s’iels avaient été au pouvoir, parce qu’il y a quand même d’autres paramètres qui influent, mais qui à mon sens sont pas tellement d’ordre idéologique ou liés à la supposée conviction des élu·e·s, mais qui sont ici encore une question de rapport de force : selon la personne qui est élue et le parti qui arrive au pouvoir, le rapport de force entre notre camp social et l’État peut aussi changer.

Autrement dit : tou·te·s les candidat·e·s vont essayer de faire la politique du patronat autant qu’iels le peuvent, mais tou·te·s n’ont pas la même capacité à faire cette politique.

Comme je l’ai dit, un·e candidat·e qui serait élu·e sur des promesses (un peu) de gauche, comme Jean-Luc Mélenchon ou Benoît Hamon par exemple, serait plus ou moins obligé·e de faire quand même quelques mesures de gauche au milieu des trahisons, et de limiter un peu la répression, parce qu’il essayerait quand même de préserver un peu les apparences, pour pas braquer totalement son électorat contre lui. Ça n’empêche pas que sa politique serait globalement pro-patronat hein, mais probablement moins que celle de candidat·e·s officiellement de droite. Alors qu’un candidat qui s’assume de droite justement (Sarkozy, Fillon, Macron…) aura moins d’incitations à le faire, vu que son électorat attend pas de mesures sociales de toute façon, et que son élection aura légitimé une politique de droite auprès de la population (donc que l’opposition dans la rue risque d’être moins forte).

Et si par malheur un·e candidat·e d’extrême-droite comme Marine Le Pen était élue, elle pourrait aller encore plus loin et encore plus vite dans le sens du patronat que tous les autres, parce que son élection galvaniserait les fachos un peu partout, et légitimerait et faciliterait à mort la répression et la violence de l’État en général contre notre camp social (violence qui pourrait en plus être épaulée par des milices, avec l’État qui laisse faire…). Donc, l’éventuelle élection de Marine Le Pen permettrait à l’État encore plus de répression qu’avec les autres : en quelque sorte son élection changerait le rapport de force en faveur de la répression et de l’État, et en défaveur de notre camp social. Et c’est aussi pour ça que les médias font un travail de sape permanent pour décrédibiliser les idées de gauche et banaliser les idées d’extrême-droite : plus les idées autoritaires et d’extrême-droite sont répandues, et plus la répression va être acceptée par la population, et donc plus le rapport de force sera en faveur de l’État et du patronat, et en défaveur de notre camp.

Voilà, c’est fini pour cet épisode sur la sanction électorale et le rapport de force avec l’État, dans l’épisode prochain on parlera de la démagogie, et de comment on manipule les gens pour les faire voter pour soi.

À bientôt.